Pourquoi l’allaitement a décliné en France : une lecture historique, sociale et collective

L’allaitement maternel est aujourd’hui reconnu par les grandes institutions internationales comme la norme biologique de référence pour l’alimentation du nourrisson¹. Pourtant, en France, il reste fragile dans sa durée.
Ce décalage ne peut pas être expliqué par un manque de motivation individuelle. Il s’inscrit dans une histoire longue, faite de transformations sociales, d’organisations collectives, de normes médicales et d’influences culturelles et commerciales.

Comprendre ces mécanismes permet de déculpabiliser les mères et de recentrer la réflexion sur la nécessité d’un accompagnement précoce et collectif, plutôt que sur la performance individuelle.

L’allaitement : une pratique individuelle inscrite dans une organisation collective

Contrairement à une idée répandue, l’allaitement n’a jamais été uniquement une affaire privée. Il a toujours dépendu :

  • de l’organisation du travail,
  • des structures de soin,
  • des normes sociales,
  • et du soutien de l’entourage.

Lorsque ces soutiens font défaut, l’allaitement devient plus difficile à maintenir, même chez des mères motivées.

Avant le XXᵉ siècle : nourrissons, collectivité et survie

Nourrices, villes et organisation sociale

Dès le XVIIIᵉ siècle, dans les grandes villes françaises, une proportion importante de nourrissons était confiée à des nourrices rurales²-³. Ce recours massif n’était pas un choix individuel isolé, mais une organisation sociale collective :

  • travail féminin,
  • contraintes économiques,
  • absence de soutien postnatal structuré.

L’allaitement était ainsi externalisé, parfois loin de la mère, dans un système où la survie du nourrisson dépendait fortement des conditions de prise en charge².

Orphelinats et Assistance publique : nourrir en masse

Au XIXᵉ siècle, l’Assistance publique et les orphelinats prennent en charge un nombre croissant d’enfants abandonnés. Nourrir ces nourrissons devient un défi collectif.
Les travaux d’historiens montrent que l’alimentation artificielle et la mise en nourrice s’imposent souvent pour des raisons logistiques, dans des contextes de pénurie de personnel et de moyens⁴-⁵.

Ces systèmes collectifs ont été associés à une mortalité infantile élevée, ce qui a conduit l’État à intervenir (loi Roussel, 1874) pour surveiller la garde et l’alimentation des “enfants du premier âge”⁶-⁷.

Déjà, l’histoire montre que lorsque la collectivité remplace la dyade mère–enfant sans soutien adapté, les risques augmentent.

XXᵉ siècle : médicalisation et standardisation des débuts de vie

Accoucher à l’hôpital : progrès et effets secondaires

Au cours du XXᵉ siècle, l’accouchement hospitalier devient la norme. Cette évolution améliore la sécurité obstétricale, mais transforme profondément les débuts de l’allaitement.

Des historiens et chercheurs ont montré que certaines pratiques hospitalières ont pu entrer en tension avec la physiologie de l’allaitement⁸ :

  • séparation mère–enfant,
  • mise en nurserie,
  • compléments systématiques,
  • imposition d’horaires fixes de tétées

Le rythme « toutes les 3 heures » : une rupture avec la physiologie

L’instauration de tétées à horaires fixes, souvent toutes les 3 heures, répondait à une logique d’organisation des soins hospitaliers, de gestion des flux. Or, la physiologie de l’allaitement repose sur une succion fréquente, variable, spécifique et guidée par les signaux du nourrisson et de la dyade⁹-¹⁰.

Plusieurs analyses suggèrent que cette standardisation aurait pu réduire la stimulation mammaire, retarder la montée de lait, favoriser le recours aux compléments et fragiliser la confiance maternelle⁸-⁹. Il s’agit d’un effet systémique, et non d’une responsabilité individuelle.

Le rôle majeur du marketing des substituts du lait maternel

Un tournant décisif est documenté par la série The Lancet on Breastfeeding : le rôle du marketing des substituts du lait maternel dans la transformation des représentations socialesⁱ¹.

Les auteurs montrent que :

  • le biberon a été associé à la modernité, à la science et au contrôle,
  • l’allaitement a été présenté comme incertain ou insuffisant,
  • les mères ont été exposées à des messages implicites dévalorisant leur capacité à nourrir leur enfant¹¹-¹².

Ces pratiques ont été jugées suffisamment préoccupantes pour conduire l’OMS à adopter en 1981 le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel¹³.

Le déclin de l’allaitement n’est donc pas seulement médical ou social, mais aussi culturel et commercial.

Transformations sociales contemporaines

Plusieurs évolutions récentes sont régulièrement associées à une fragilisation de l’allaitement :

  • Organisation du travail : Ce n’est pas tant le travail des femmes en soi que les modalités de reprise (temps plein, faible flexibilité, pression de performance) qui pourraient être associées à une durée plus courte de l’allaitement. Les études montrent des associations entre reprise précoce et arrêt plus rapide, sans pour autant établir de causalité directe.
  • Rupture de transmission intergénérationnelle : Sur plusieurs générations, l’allaitement a été peu visible. De nombreuses mères n’ont jamais vu allaiter, ni été allaitées elles-mêmes. L’allaitement devient alors une compétence à acquérir seule, sans repères familiaux, ce qui peut fragiliser la confiance.
  • Isolement post-partum : Les données actuelles montrent que la majorité des arrêts d’allaitement surviennent dans les premières semaines après la sortie de maternité. Cette période correspond souvent à un retour à domicile rapide, avec peu de relais familiaux ou professionnels.¹⁵.
  • Pression normative : objectifs chiffrés, pesées, sortie de maternité et discours parfois culpabilisants pouvant augmenter l’anxiété.

Ce que ces éléments suggèrent aujourd’hui

À la lumière de ces données, plusieurs hypothèses prudentes peuvent être formulées :

  • L’allaitement serait plus durable lorsqu’il est préparé en amont, et non découvert après la naissance.
  • Un soutien identifié avant l’accouchement pourrait sécuriser les débuts.
  • Un accompagnement précoce, surtout dans les premières semaines, pourrait prévenir de nombreuses difficultés.
  • Attendre que l’allaitement “ne marche plus” pour demander de l’aide exposerait à un arrêt plus rapide.

Ces hypothèses sont cohérentes avec les recommandations OMS/UNICEF et HAS¹⁶-¹⁷. Pour aller plus loin, un article dédié revient simplement sur les “chiffres de l’allaitement en France et dans d’autres pays”, afin de mieux comprendre à quel moment et pourquoi l’allaitement s’arrête le plus souvent.

Comment se préparer à l’allaitement ?

Avant la naissance :

  • s’informer sur le fonctionnement de l’allaitement (physiologie, rythmes),
  • identifier des ressources fiables (sage-femme, consultante en lactation, médecin),
  • échanger avec son entourage sur le soutien concret après la naissance.

Après la naissance :

  • accepter que des ajustements soient normaux,
  • observer les signaux du bébé plutôt que les horaires,
  • demander de l’aide dès les premières difficultés, sans attendre l’épuisement,
  • s’entourer (famille, professionnels), même si “tout semblait bien se passer”.

Se préparer ce n’est pas anticiper l’échec, c’est se donner des options. Cela ne garantit pas que l’allaitement sera facile, mais cela peut aider à ne pas rester seule en cas de difficulté car la réussite de l’allaitement ne repose pas que sur la mère. Pour aller plus loin, consultez l’article sur les “difficultés d’allaitement”.

Conclusion

Le déclin de l’allaitement en France ne peut pas être réduit à un choix individuel. Il s’inscrit dans une histoire marquée par :

  • des organisations collectives,
  • des normes médicales,
  • des contraintes sociales,
  • et des influences commerciales puissantes.

Si l’objectif est que davantage d’enfants bénéficient de l’allaitement, la réponse ne réside pas dans la culpabilisation des mères, mais dans un accompagnement précoce, coordonné et accessible, respectueux de la physiologie et des réalités de vie.

Pour une approche pratique et actuelle, voir l’article :
Allaitement maternel : comprendre, accompagner et soutenir les premiers mois.

Références

  1. WHO. Infant and young child feeding.
  2. Romanet E. La mise en nourrice en France au XIXᵉ siècle. Transtext(e)s Transcultures.
  3. Morel M-F. Théories et pratiques de l’allaitement en France au XVIIIᵉ siècle. Annales de Démographie Historique.
  4. Bardet J-P. La mort des enfants trouvés. Annales de Démographie Historique.
  5. Rollet C. Allaitement, mise en nourrice et mortalité infantile. Population.
  6. Loi Roussel (1874) – Protection des enfants du premier âge.
  7. INED. La protection des enfants du premier âge.
  8. Rollet C. Histoire de l’allaitement en France.
  9. Geddes DT et al. Tongue movement and intra-oral vacuum. Early Human Development.
  10. Elad D et al. Biomechanics of milk extraction. PNAS.
  11. Victora CG et al. Breastfeeding in the 21st century. The Lancet, 2016.
  12. Brady JP. Marketing breast milk substitutes. Journal of Public Health Policy.
  13. WHO. International Code of Marketing of Breast-milk Substitutes, 1981.
  14. Charles S-L et al. Cohorte ELFE.
  15. Enquête Nationale Périnatale 2021 – Inserm.
  16. WHO/UNICEF. Baby-Friendly Hospital Initiative.
  17. HAS. Allaitement maternel : accompagnement et soutien.
Site web Elodie Rousset Chiropraxie

Allaitement et reprise du travail : est-ce vraiment compatible ?

La reprise du travail est souvent vécue comme un moment charnière pour les mères qui allaitent. Beaucoup craignent que tout se complique brutalement : fatigue accrue, organisation lourde, baisse de lactation, voire arrêt “forcé”.

Pourtant les adaptations induites par la reprise du travail peuvent conduire à une plus grande flexibilité de l’allaitement dans le quotidien. De nouvelles options (allaitement mixte, stock de lait, introduction de biberons) permettront au bébé de continuer à profiter des bénéfices de l’allaitement tout offrant un peu de liberté à la mère (temps pour soi, reprise vie sociale…)

Il est important de noter que l’allaitement devient plus facile avec le temps, plus souple et moins contraignant au fur et à mesure que le bébé grandit et qu’il faut seulement avoir les clés pour passer ce cap de la reprise du travail.

Les données et l’expérience clinique montrent que les choses peuvent aussi bien se passer, parfois même sans difficulté majeure, surtout lorsque la reprise est anticipée et que les ajustements se font progressivement, sans bouleverser d’un coup l’équilibre mère–bébé.

Reprise du travail et allaitement : ce que montrent les données

En France, la reprise du travail est associée à une diminution de la durée de l’allaitement, mais cette association reflète surtout des contraintes organisationnelles, et non un manque de motivation maternelle¹-².

Les études (cohorte ELFE, Santé publique France) montrent que l’allaitement est d’autant plus souvent maintenu que :

  • il était déjà relativement stable avant la reprise,
  • les ajustements ont été faits en douceur, et progressivement
  • la mère n’est pas restée seule face aux difficultés².

Il n’existe pas de scénario unique : chaque dyade mère–bébé s’adapte différemment, d’autant plus que la poursuite de l’allaitement dépend de nombreux facteurs, notamment :

  • le moment de la reprise (reprise à 2–3 mois ou plus tardive),
  • la nature du travail (horaires fixes ou atypiques, travail physique, charge mentale),
  • le mode de garde et la personne qui s’occupe de l’enfant,
  • les conditions concrètes de travail (possibilité de pauses, lieu adapté, travail salarié ou libéral),
  • le niveau de fatigue maternelle et la qualité du soutien de l’entourage.

Tirer son lait : une option possible, pas une obligation

Le tirage du lait est souvent présenté comme incontournable, alors qu’il s’agit d’un choix, qui doit rester réaliste. Il est important de rappeler que le tirage :

  • demande du temps, de l’énergie et un contexte favorable,
  • fonctionne mieux lorsque la mère est détendue,
  • peut être optimisé par des techniques simples (massage, double pompage, visualisation du bébé)
  • tirer même de petites quantités reste utile : cela participe à l’entretien de la lactation, surtout au début de la reprise et cela peut aussi soulager les montées de lait, éviter les engorgements.

.

Allaitement mixte et suppression de tétées : la progressivité est clé

Lors de la reprise du travail, certaines mères choisissent un allaitement mixte en supprimant certaines tétées en journée.

Les documents de référence insistent sur un point fondamental : les changements doivent être progressifs.

Supprimer plusieurs tétées brutalement peut :

  • entraîner une baisse rapide de la lactation,
  • favoriser les engorgements,
  • augmenter l’inconfort et la fatigue.

À l’inverse, diminuer doucement, une tétée à la fois, permet :

  • au corps de s’adapter,
  • à la production de se réguler,
  • de préserver les tétées que l’on souhaite garder (soir, nuit, matin)

 

Fatigue et charge mentale : des réalités centrales

La reprise du travail s’accompagne souvent :

  • d’un manque de sommeil persistant,
  • d’une organisation familiale à ajuster,
  • d’une charge mentale importante.

Les études montrent que la fatigue maternelle est l’un des premiers motifs rapportés lors de l’arrêt de l’allaitement⁴.
Ce facteur n’est pas une faiblesse individuelle, mais une réalité physiologique et organisationnelle. D’autant plus si la mise en place de l’allaitement a été difficile, ou si le post partum est compliqué, cette nouvelle étape, si elle n’est pas bien anticipée et accompagnée, sera vécue comme insurmontable pour la mère.

Le rôle de l’entourage : un facteur souvent décisif

Le document souligne également le rôle central du père ou du co-parent, et plus généralement de l’entourage :

  • soutien logistique,
  • relais auprès du bébé,
  • reconnaissance de la charge maternelle

 

Les allaitements les plus harmonieux sont souvent ceux où la mère n’est pas seule à porter l’organisation.

 

Conservation du lait maternel : repères simples

L’une des sources de stress fréquentes concerne la conservation du lait. Les recommandations officielles (AFSSA, HAS, HMBANA) rappellent :

  • À température ambiante (19–25 °C) : jusqu’à 4 heures
  • Au réfrigérateur (0–4 °C) :
    • 48 heures (AFSSA)
    • jusqu’à 8 jours selon la HAS
  • Au congélateur :
    • 4 mois (AFSSA)
    • 3 à 6 mois selon les conditions (HMBANA)
  • Lait décongelé :
    • 24 heures au réfrigérateur,
    • ne pas recongeler

Ces durées montrent qu’il n’est pas nécessaire d’avoir des stocks importants pour que cela fonctionne. Rappelons aussi que l’allaitement peut se maintenir aussi en mixte, en utilisant des substituts.

 

Ce qu’il faut retenir

  • Allaiter et reprendre le travail peut être compatible
  • Le tirage du lait est une option, pas une obligation.
  • L’allaitement mixte est possible, à condition d’être progressif.
  • Supprimer des tétées brutalement peut fragiliser la lactation ; la douceur protège.
  • L’organisation, le soutien et l’anticipation comptent plus que la performance.

 

Pour comprendre à quel moment l’allaitement s’arrête le plus souvent et pourquoi, vous pouvez aussi lire notre article sur « l’allaitement en France : que disent les chiffres »

Références

  1. WHO. Infant and young child feeding.
  2. Charles S-L et al. Cohorte ELFE – déterminants de la durée de l’allaitement.
  3. Academy of Breastfeeding Medicine. Clinical Protocols.
  4. Victora CG et al. Breastfeeding in the 21st century. The Lancet, 2016.
  5. AFSSA / HAS / HMBANA. Recommandations de conservation du lait maternel.
  6. Grandir Nature

Allaitement en France : que disent les chiffres, et pourquoi l’accompagnement précoce est déterminant ?

En France, l’allaitement maternel débute le plus souvent à la maternité, mais il s’interrompt fréquemment dans les semaines qui suivent le retour à domicile. Ce constat est bien documenté par les grandes enquêtes nationales et internationales.
Comprendre quand, à quelle vitesse et dans quels contextes l’allaitement s’arrête permet de mieux cibler les leviers d’amélioration, sans culpabiliser les mères.

Allaitement en France : un bon démarrage, un décrochage rapide

À la maternité

Selon l’Enquête Nationale Périnatale (ENP 2021), 56,3 % des mères allaitent exclusivement à la maternité, et environ 3 mères sur 4 initient un allaitement¹.

Chiffres clés en France (maternité)
• Allaitement exclusif : 56,3 %
• Allaitement mixte : 13,4 %
• Initiation de l’allaitement : ≈ 74 %

Après la sortie de maternité : la chute

À 2 mois, les données montrent une baisse marquée :

  • 34,4 % des nourrissons sont allaités exclusivement
  • 19,8 % en allaitement mixte
  • 45,8 % reçoivent uniquement un lait infantile¹

Chiffres clés en France (à 2 mois)
• Allaitement exclusif : 34,4 %
• Allaitement mixte : 19,8 %
• Lait infantile seul : 45,8 %

Ces chiffres indiquent que la période post-sortie de maternité est déterminante pour la poursuite de l’allaitement.

Quand l’allaitement s’arrête-t-il le plus souvent en France ?

Les données ENP 2021 permettent d’identifier précisément les périodes d’arrêt¹ :

Moment de l’arrêt de l’allaitement (France)

• 0–7 jours : 27,7 %
• 8–21 jours : 28,2 %
• 22–45 jours : 32,2 %
• > 45 jours : 11,9 %

Près de 90 % des arrêts surviennent dans les six premières semaines.

Durée globale de l’allaitement en France

Les grandes cohortes françaises convergent vers une durée médiane courte :

  • EPIFANE / Cohorte ELFE : durée médiane ≈ 15 à 17 semaines (un peu plus de 4 mois)²
  • Environ 19–25 % des enfants reçoivent encore du lait maternel à 6 mois²-³

Ces chiffres restent nettement inférieurs aux recommandations internationales.

Comparaison internationale : France, monde et pays nordiques

À l’échelle mondiale

Selon l’OMS et l’UNICEF, environ 48 % des nourrissons dans le monde sont exclusivement allaités avant 6 mois⁴. Ce chiffre global masque de fortes disparités régionales.

Pays nordiques : une meilleure poursuite dans le temps

Les synthèses issues des Nordic Nutrition Recommendations montrent que dans les pays nordiques :

  • 60 à 80 % des enfants sont encore allaités à 6 mois
  • 30 à 60 % à 12 mois
    L’allaitement exclusif diminue après 4–5 mois, mais l’allaitement est maintenu plus longtemps, souvent en complément de la diversification.

Comparaison synthétique

• France : ~20–25 % allaités à 6 mois
• Pays nordiques : 60–80 % allaités à 6 mois
• Monde : ≈ 48 % exclusif < 6 mois

Quelles hypothèses pour expliquer ces écarts ?

Reprise du travail et durée de l’allaitement

Les analyses de la cohorte ELFE montrent une association claire entre reprise du travail précoce (avant 10 semaines) et durée plus courte de l’allaitement². Il s’agit d’une association statistique, non d’une causalité directe, mais elle est cohérente avec les tendances observées.

Politiques publiques et conditions de travail

L’OMS et l’UNICEF soulignent de façon répétée que la durée du congé maternité, l’existence de pauses d’allaitement et de conditions adaptées sur le lieu de travail influencent la poursuite de l’allaitement⁶⁷.
La France respecte les standards internationaux minimaux, mais l’écart entre la durée du congé postnatal standard et l’objectif d’allaitement exclusif à 6 mois reste notable.

Le rôle clé du soutien après la sortie de maternité

Plusieurs institutions (OMS, HAS) insistent sur le fait que les premiers jours et semaines à domicile constituent une période critique⁸⁹.
Un manque de continuité de soutien (douleurs, difficultés de succion, fatigue, doutes) est associé à des arrêts précoces, y compris chez des mères motivées.

Les enquêtes françaises identifient également des facteurs associés à une durée plus courte de l’allaitement, tels que le tabagisme maternel, un IMC maternel élevé, certaines situations obstétricales (notamment la césarienne), ainsi que l’absence de préparation à la naissance ou de contact peau à peau précoce, sans qu’il s’agisse de relations causales directes

Pourquoi renforcer l’accompagnement précoce ?

Les données convergent vers un message clair : si l’on souhaite améliorer la durée de l’allaitement, l’effort doit porter en priorité sur les premières semaines, après la sortie de maternité. Cela implique :

  • repérer précocement les difficultés,
  • proposer un accompagnement coordonné (sage-femme, consultante en lactation, médecin, autres professionnels selon la situation),
  • adapter l’organisation du post-partum et de la reprise du travail lorsque c’est possible.

L’objectif n’est pas de faire peser une responsabilité supplémentaire sur les mères, mais de réduire les obstacles structurels à la poursuite de l’allaitement. Les sages-femmes, pédiatres, consultantes en lactation, chiropracteurs… doivent collaborer et agir précocement pour aider les mères. Pour aller plus loin consultez l’article sur les “difficultés d’allaitement”

À retenir

  • En France, l’allaitement débute souvent mais s’interrompt majoritairement dans les 6 premières semaines.
  • Les pays nordiques maintiennent l’allaitement beaucoup plus longtemps.
  • Les grandes institutions identifient le soutien postnatal et les conditions de travail comme des leviers majeurs.
  • Mieux accompagner les mères dès le début permettrait à davantage d’enfants de bénéficier plus longtemps de l’allaitement.

Pour une approche globale de l’allaitement, vous pouvez consulter notre article dédié : Allaitement maternel : comprendre, accompagner et soutenir .

Références

  1. Enquête Nationale Périnatale 2021 – Inserm, DREES
  2. Charles S-L et al., Cohorte ELFE – Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire
  3. Branger B. et al., France – données multicentriques sur la durée de l’allaitement
  4. UNICEF/WHO. Global Breastfeeding Scorecard, 2023
  5. Nordic Nutrition Recommendations 2023
  6. WHO/UNICEF. Global Breastfeeding Collective
  7. International Labour Organization / WHO – maternity protection standards
  8. Haute Autorité de Santé (HAS) – Allaitement maternel
  9. WHO. Infant and young child feeding
  10. Enquête EPIFANE – Santé publique France
  11. Victora CG et al., Breastfeeding in the 21st century, The Lancet, 2016
bébé qui prend le sein

Succion du nourrisson : un mécanisme complexe au cœur de l’allaitement

La succion est souvent considérée comme un réflexe inné, automatique, qui irait de soi chez le nouveau-né. Pourtant, de nombreuses situations cliniques montrent que certains bébés rencontrent des difficultés à téter efficacement, sans cause médicale évidente. Douleurs maternelles persistantes, tétées longues ou inefficaces, fatigue extrême, prise de poids insuffisante : ces tableaux sont fréquents.

Les données scientifiques récentes montrent que la succion n’est pas un simple réflexe, mais un mécanisme neuro-musculo-squelettique complexe, finement coordonné, au cœur de l’allaitement¹².

La succion : bien plus qu’un réflexe

schéma anatomique succion déglutitionLa succion-déglutition-respiration est l’une des fonctions primaires du nourrisson. Elle implique une coordination extrêmement précise entre plusieurs structures anatomiques et neurologiques

 

Les études en imagerie et en biomécanique ont mis en évidence que l’extraction du lait au sein repose sur ¹-³:

  • le mouvement de la langue,
  • la mobilisation de la mandibule,
  • la création d’une pression intra-orale,
  • et une synchronisation avec la respiration.

Contrairement à une idée longtemps répandue, la langue ne se contente pas d’écraser le mamelon : elle effectue un mouvement ondulatoire complexe, coordonné à la mâchoire et au plancher buccal¹.

Langue, mâchoire, ATM et cervicales : un système interconnecté

Un enchaînement neuro-musculo-squelettique

La succion mobilise ²-⁴ :

  • la langue (muscles intrinsèques et extrinsèques),
  • la mandibule et l’articulation temporo-mandibulaire (ATM),
  • les muscles oro-faciaux,
  • les cervicales hautes,
  • ainsi que plusieurs paires de nerfs crâniens (V, VII, IX, X, XI, XII).

Ces structures forment une chaîne fonctionnelle interdépendante. Une restriction de mobilité, une tension musculaire ou une asymétrie à un niveau donné peut perturber l’ensemble du mécanisme, sans lésion visible.

Les travaux de Geddes et Elad ont montré que de subtiles variations de mobilité ou de coordination pouvaient modifier significativement l’efficacité du transfert de lait¹-³.

Pourquoi certains bébés tètent mal sans cause « visible » ?

Dans de nombreuses situations, l’examen médical classique ne met pas en évidence de pathologie : pas de frein de langue restrictif, pas de malformation, pas de prématurité. Pourtant, les difficultés persistent.

La littérature décrit plusieurs hypothèses fonctionnelles possibles⁵-⁶ :

  • limitations de mobilité cervicale (souvent liées aux contraintes intra urtérines ou de la naissance),
  • dysfonctions de l’ATM,
  • tensions musculaires oro-faciales,
  • difficultés de coordination neuromotrice.

Ces éléments peuvent altérer :

  • la profondeur de la prise du sein,
  • la stabilité de la mâchoire,
  • l’endurance à la succion,
  • la capacité à maintenir une pression intra-orale efficace.

Il s’agit alors de dysfonctions fonctionnelles, non structurelles, parfois transitoires mais cliniquement impactantes.

Conséquences possibles sur l’allaitement

Douleurs maternelles persistantes

Une succion inefficace ou asymétrique peut entraîner :

  • douleurs au mamelon,
  • crevasses,
  • engorgements,
  • mastites à répétition.

Plusieurs études montrent que les douleurs persistantes sont fréquemment associées à une prise du sein superficielle ou instable⁵.

Fatigue maternelle et infantile

Lorsque la succion est peu efficace :

  • les tétées s’allongent,
  • le bébé se fatigue rapidement,
  • la mère multiplie les mises au sein.

Cette situation peut conduire à un épuisement maternel et à un cercle vicieux d’allaitement difficile⁶ voir d’arrêt de l’allaitement.

Impact sur la prise de poids du nourrisson

Un transfert de lait insuffisant, même avec des tétées fréquentes, peut entraîner :

  • une prise de poids lente,
  • une agitation post-tétée,
  • une impression de bébé « insatisfait ».

Douglas et Geddes soulignent que ces situations peuvent parfois être liées à des troubles fonctionnels de la succion plutôt qu’à un problème de production lactée⁵.

Quelle place pour une approche fonctionnelle ?

Les recommandations internationales insistent sur l’importance d’une évaluation globale des difficultés d’allaitement, intégrant ⁷:

  • l’observation de la tétée,
  • l’évaluation de la succion,
  • le contexte postural et fonctionnel du nourrisson.

Dans ce cadre, certaines approches manuelles, intégrées à un suivi pluridisciplinaire, ont montré des résultats encourageants sur le confort de la dyade mère-bébé, même si les données restent encore limitées⁸-⁹.

Il ne s’agit ni d’une solution unique, ni d’un traitement de la lactation, mais d’un accompagnement fonctionnel ciblé, lorsque cela est pertinent.

Quand consulter en cas de difficultés de succion ?

Il est normal que l’allaitement nécessite un temps d’adaptation. Toutefois, il peut être pertinent de demander un avis professionnel lorsque plusieurs des situations suivantes sont présentes ou persistent :

Chez la mère :

  • douleurs au mamelon qui ne s’améliorent pas malgré une correction de la prise du sein,
  • crevasses, engorgements ou mastites à répétition,
  • impression de tétées longues et peu efficaces,
  • fatigue importante liée à la fréquence ou à la durée des tétées.

Chez le nourrisson :

  • difficultés à maintenir la prise du sein ou à coordonner la succion,
  • claquements de langue ou lâchage fréquent du sein,
  • préférence marquée pour un sein ou une position,
  • agitation ou endormissement rapide au sein,
  • prise de poids lente ou insuffisante,
  • inconfort dans certaines positions ou posture asymétrique.

Une approche pluridisciplinaire avant tout

En cas de difficultés de succion et d’allaitement, plusieurs professionnels peuvent être concernés :

  • Sage-femmes,
  • Consultantes en lactation (IBCLC),
  • Médecins ou pédiatres,
  • ORL ou dentistes spécialisés (notamment pour les freins de langue),
  • Orthophonistes (succion-déglutition, oralité),
  • Chiropracteurs, kinésithérapeutes et ostéopathes (approche musculo-squelettique).

Les meilleurs résultats sont décrits lorsque ces professionnels travaillent de façon coordonnée, chacun dans son champ de compétence⁷.

Votre chiropracteure, Elodie Rousset saura évaluer et à contribuer à l’amélioration de la succion de votre enfant. Plus d’informations sur le déroulé d’une consultation pédiatrique sur ce lien.

Prendre rendez-vous au cabinet de Lyon

À retenir

  • La succion est un mécanisme complexe, finement coordonné.
  • Des difficultés peuvent exister sans cause médicale visible.
  • Ces dysfonctions peuvent avoir un impact réel sur le confort de l’allaitement.
  • Une approche globale et pluridisciplinaire permet souvent d’améliorer la situation.
  • L’objectif n’est pas la performance, mais le confort et la fonctionnalité.

Références scientifiques

  1. Geddes DT et al. Tongue movement and intra-oral vacuum in breastfeeding infants. Early Human Development, 2008
  2. Elad D et al. Biomechanics of milk extraction during breastfeeding. PNAS, 2014
  3. Douglas PS, Geddes DT. Practice-based interpretation of ultrasound studies leads to a new understanding of breastfeeding dysfunction. Midwifery, 2018
  4. Miller JE et al. Contribution of manual therapy to infants with suboptimal breastfeeding: a systematic review. Journal of Chiropractic Medicine, 2019
  5. Academy of Breastfeeding Medicine. Clinical Protocols
  6. Victora CG et al. Breastfeeding in the 21st century. The Lancet, 2016
  7. WHO. Infant and young child feeding
  8. Herzhaft-Le Roy J et al. Osteopathic treatment of infants with breastfeeding difficulties. Journal of Human Lactation, 2017
  9. Hawk C et al. Manual therapy for musculoskeletal conditions in infants and children. Chiropractic & Manual Therapies, 2018

Difficultés d’allaitement : pourquoi l’allaitement peut être douloureux ou inefficace ?

 

L’allaitement est souvent présenté comme un processus naturel et instinctif. Pourtant, une proportion importante de mères rencontre des difficultés dès les premières semaines : douleurs persistantes, tétées longues et épuisantes, bébé qui lâche le sein ou semble insatisfait malgré des mises au sein fréquentes.

Ces situations sont fréquentes et ne traduisent ni un échec, ni un manque de motivation. Les données scientifiques montrent que les difficultés d’allaitement sont le plus souvent multifactorielles, résultant d’une combinaison de facteurs techniques, émotionnels, posturaux et fonctionnels¹-².

Les difficultés d’allaitement les plus fréquentes

Douleurs et crevasses

Les douleurs au mamelon font partie des motifs de consultation les plus fréquents en post-partum. Si une sensibilité transitoire peut être normale au début, des douleurs persistantes, crevasses ou lésions ne le sont pas.

Plusieurs études montrent que ces douleurs sont souvent associées à :

  • une prise du sein superficielle,
  • une succion inefficace ou instable,
  • une mauvaise coordination succion–déglutition³-⁴.

Fatigue maternelle importante

Lorsque l’allaitement est difficile, les mères décrivent souvent :

  • des tétées très fréquentes,
  • une impression de bébé « jamais rassasié »,
  • un épuisement physique et émotionnel.

La fatigue n’est pas seulement liée au manque de sommeil : elle est souvent la conséquence de tétées peu efficaces, nécessitant un nombre élevé de mises au sein pour un transfert de lait limité⁵.

Bébé qui lâche le sein ou s’énerve

Certains nourrissons semblent avoir du mal à maintenir la prise du sein :

  • ils lâchent fréquemment,
  • s’énervent au cours de la tétée,
  • ou s’endorment rapidement sans avoir suffisamment tété.

Ces comportements peuvent être interprétés à tort comme un manque de faim ou un problème de lait, alors qu’ils sont parfois liés à des difficultés fonctionnelles de la succion⁶.

Tétées interminables et peu efficaces

Des tétées très longues, dépassant régulièrement 45 minutes, peuvent être le signe :

  • d’un transfert de lait insuffisant,
  • d’une succion fatigante,
  • ou d’une mauvaise coordination motrice.

Douglas et Geddes ont montré que certaines dyades présentent des difficultés d’allaitement non liées à la production lactée, mais à la mécanique de la tétée⁶.

Des causes le plus souvent multifactorielles

Lorsque les rares pathologies responsables sont écartées, il est important de comprendre que les difficultés d’allaitement ne relèvent que rarement d’un facteur unique. La littérature insiste sur la nécessité d’une lecture globale de la situation¹-².

Facteurs techniques

Les facteurs techniques incluent notamment :

  • une prise du sein inadaptée,
  • une position inconfortable pour la mère ou le bébé,
  • une méconnaissance des signes d’éveil ou de satiété.

Ces éléments sont souvent améliorés par un accompagnement précoce et ciblé, notamment par les sages-femmes et consultantes en lactation.

Facteurs émotionnels et contextuels

Le stress, la fatigue, la douleur, les attentes élevées ou la pression sociale peuvent influencer l’allaitement. Le stress maternel est associé à une inhibition du réflexe d’éjection du lait, via l’axe neuro-hormonal⁷.

Ces facteurs émotionnels n’expliquent pas tout, mais ils peuvent majorer des difficultés existantes.

Facteurs posturaux

La posture de la mère et du nourrisson joue un rôle clé dans la qualité de la tétée. Des douleurs lombaires, cervicales ou d’épaules chez la mère peuvent limiter certaines positions d’allaitement.

Chez le nourrisson, des préférences posturales ou des asymétries peuvent rendre certaines positions inconfortables, influençant la prise du sein⁸. Retrouvez plus d’informations sur la façon de les prendre en charge dans cet article sur l’allaitement et sur celui des plagiocéphalies.

Facteurs fonctionnels

Enfin, certaines difficultés sont liées à des dysfonctions fonctionnelles, sans pathologie visible :

  • troubles de la succion,
  • limitations de mobilité cervicale,
  • dysfonction de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM),
  • tensions musculaires oro-faciales.

Ces éléments peuvent altérer l’efficacité de la succion, sans être détectés lors d’un examen médical classique⁶⁹. Plus d’informations sur les troubles de la succion dans cet article.

Pourquoi certaines difficultés persistent malgré un bon accompagnement ?

Il n’est pas rare que des difficultés d’allaitement persistent malgré :

  • une bonne information,
  • un accompagnement technique adapté,
  • une motivation importante des parents.

Dans ces situations, la littérature souligne l’intérêt d’élargir l’évaluation à des dimensions fonctionnelles et posturales, en complément de l’approche lactationnelle classique⁶⁹.

Cela ne remet pas en cause la qualité de l’accompagnement initial, mais reflète la complexité du système allaitement–succion. Dans ces cas là, une consultation chiropratique peut être utile, si vous souhaitez savoir comment se passe une consultation pédiatrique, lisez cet article.

Quelle approche en cas de difficultés d’allaitement ?

Les recommandations internationales insistent sur une approche progressive et pluridisciplinaire¹⁰ :

  • observer la tétée,
  • évaluer la succion,
  • rechercher des facteurs techniques, émotionnels et fonctionnels,
  • orienter vers les professionnels compétents selon la situation.

L’objectif n’est pas de multiplier les intervenants, mais de proposer le bon accompagnement au bon moment.

Votre chiropracteure, Elodie Rousset saura évaluer et à contribuer à l’amélioration de la succion de votre enfant.

Prendre rendez-vous au cabinet de Lyon

À retenir

  • Les difficultés d’allaitement sont fréquentes et légitimes.
  • Elles sont le plus souvent multifactorielles.
  • Douleurs, fatigue et tétées interminables sont des signaux à écouter.
  • Une approche globale permet souvent de mieux comprendre la situation.
  • Demander de l’aide est une étape normale du parcours d’allaitement.

Pour une vision d’ensemble de l’allaitement et des ressources disponibles, vous pouvez consulter notre page dédiée à l’allaitement maternel.

Références scientifiques

  1. Victora CG et al. Breastfeeding in the 21st century: epidemiology, mechanisms, and lifelong effect. The Lancet, 2016
  2. Turck D et al. Benefits of breastfeeding for the health of the infant and mother. Archives de Pédiatrie, 2013
  3. Geddes DT et al. Tongue movement and intra-oral vacuum in breastfeeding infants. Early Human Development, 2008
  4. Elad D et al. Biomechanics of milk extraction during breastfeeding. PNAS, 2014
  5. Academy of Breastfeeding Medicine. Clinical Protocols
  6. Douglas PS, Geddes DT. Understanding breastfeeding dysfunction. Midwifery, 2018
  7. Uvnäs-Moberg K et al. Oxytocin and stress during breastfeeding. Acta Paediatrica, 2015
  8. van Vlimmeren LA et al. Risk factors for positional preference and asymmetry. Pediatrics, 2007
  9. Miller JE et al. Manual therapy and suboptimal breastfeeding. Journal of Chiropractic Medicine, 2019
  10. World Health Organization. Infant and young child feeding

Le pied, une partie du corps complexe

Le pied représente 26 os, 20 muscles et environ 30 000 terminaisons nerveuses. Il joue un rôle de stabilité et de mobilité en intervenant dans notre marche mais aussi notre posture.

Les pieds participent également à un bon retour veineux grâce à un phénomène de pompage lors de l’écrasement de la voûte plantaire durant la marche.

Visionnez la vidéo “la chiro c’est le pied” de rockyourcortex pour mieux comprendre l’importance des pieds.

Les rôle des pieds dans la posture

Ne sous estimez pas l’importance de soigner les douleurs de vos pieds et d’en prendre soin car ils peuvent avoir un impact sur tout votre corps. Ne laissez pas trainer vos douleurs, tendinites, aponevrosites, nevrome de morton, hallux valgus…

En effet, l’équilibre postural du corps dépend du système nerveux et des informations qu’il reçoit de plusieurs capteurs posturaux dont les appuis podaux. Un mauvais fonctionnement du pied peut donc entrainer une mauvaise posture, des compensations et des douleurs ailleurs dans le corps.

Pour connaitre les autres aspects de la posturologie, vous pouvez consulter cette page.

Pour soigner vos douleurs de cou, de dos, d’épaule… votre chiropracteur s’interessera à votre posture, mais il vérifiera aussi la bonne fonction et mobilité de vos pieds, et saura vous orienter vers un port de semelles orthopédiques si besoin. Plus d’informations sur la chiropraxie sur ce lien

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bébé tête à gauche

Comment le crâne des nourrissons peut il se déformer et entrainer une plagiocéphalie / déformation crânienne positionnelle / tête plate ?

 

La tête des bébés est fragile mais surtout malléable.

Le crâne est formé de 6 os qui ne sont pas encore fusionnés. Ils sont liés entre eux par des sutures et des espaces vides appelés « fontanelles ». Cela permet une compression crânienne indispensable au passage de la tête du nouveau-né lors de l’accouchement.

Cette malléabilité laisse parfois s’installer des déformations crâniennes.

Une légère déformation de la tête est souvent observée chez les bébés à la naissance. Elle rentre dans l’ordre spontanément en quelques semaines.

Certaines déformations peuvent toutefois s’aggraver ou apparaître dans les premiers mois de vie du bébé.

Il existe 3 types de déformations crâniennes positionnelles chez l’enfant : la Plagiocéphalie, la Brachycéphalie (communément appelé syndrome de la tête plate) ainsi que la Dolichocéphalie.

Causes des plagiocéphalies et déformations crâniennes

Comprendre les causes des plagiocéphalies permet de mieux les prévenir car les parents pourront être sensibilisés, adopter les bons gestes et consulter de façon précoce.

 

Pendant la grossesse,

Plusieurs situations peuvent créer des « pressions » prolongées sur le crâne du bébé et provoquer des déformations crâniennes.

  • Mauvaise position du bébé (siège, transverse, engagement précoce dans le bassin)
  • Manque de liquide amniotique
  • Alitement de la maman
  • Grossesse multiple

 

Lors de l’accouchement,

plusieurs facteurs favorisent l’apparition d’une plagiocéphalie ou déformation crânienne.

  • Aide instrumentale (forceps, ventouse, cuillère)
  • Mauvaise présentation du bébé (tête en extension, siège…)
  • Travail long
  • Bébé prématuré

 

Après la naissance,

différents facteurs peuvent entrainer des déformations progressives ou positionnelles (3):

  • Torticoli
  • Manque de mobilité/tonicité globale du nourrisson
  • Rotation préférentielle de la tête d’un côté
  • Position prolongée sur le dos
  • Manque de temps d’éveil sur le ventre
  • Manque de stimulation des parents
  • Sur-utilisation du matériel de puériculture ou mauvais matériel (transat, siège bébé, cosy, siège-auto, matelas cocoonants…) (1)
  • Manque de portage
  • Bébé au biberon (nourri toujours du même côté, l’allaitement à l’inverse limiterait les plagiocéphalies)

 

Facteurs de risques généraux

Certains facteurs de risques augmentent la probabilité de développer des déformations du crâne chez le Nourrisson, ils concernent en priorité :

  • les ainés
  • Les garçons (souvent moins actif avec une tête plus lourde)
  • Les prématurés

 

L’évolution des déformations crâniennes positionnelles ou plagiocéphalies

La plupart des plagiocéphalies se résorbent quasiment complètement vers l’âge de deux ans mais si la déformation progresse et devient sévère, la forme du crâne perdurera à l’âge adulte.(2)

Ces déformations ne sont la plupart du temps qu’un problème esthétique. Elles ne compromettent pas la croissance du cerveau mais peuvent quand même avoir des conséquences (Lire l’article sur les conséquences des plagiocéphalies). Il est important de consulter pour écarter des causes pathologiques, traiter les causes fonctionnelles et quotidiennes afin que le crâne de bébé ne s’aplatisse pas d’avantage.

Votre chiropracteure, Elodie Rousset saura évaluer et participer au traitement de la plagiocéphalie de votre enfant. Plus d’informations sur la plagiocéphalie sur ce lien

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Sources

(1)American Academy of Pediatrics, Moon RY. SIDS and other sleep-related infant deaths: evidence base for 2016. Updated recommendations for a safe infant sleeping environment. Pediatrics 2016;138(5)

(2) Etude publiée sur l’US National Library of Medecine : LaBrie RA, Scott RM. Analysis of posterior plagiocephaly: deformational versus synostotic. Plastic and Reconstructive Surgery (1999) 

(3) van Vlimmeren, Leo A et al. “Risk factors for deformational plagiocephaly at birth and at 7 weeks of age: a prospective cohort study.” Pediatrics vol. 119,2 (2007): e408-18. doi:10.1542/peds.2006-2012

Société canadienne de pédiatrie

Naitre et Grandir.com

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traitement crânien d'un nourrisson

Les déformations crâniennes à première vue uniquement esthétiques pourraient avoir d’autres conséquences qui sont encore peu admises. La plagiocéphalie, la brachiocéphalie communément appelées “syndrome de la tête plate” sont deux atteintes du nourrisson de plus en plus fréquentes et souvent prises en charge dans mon cabinet de chiropraxie à Lyon.

Conséquences esthétiques des plagiocéphalies

L’apparence du crâne du bébé se modifie. On note un aplatissement de l’arrière de la tête mais aussi lorsque la plagiocéphalie évolue, un changement de la position des oreilles, du front, et des traits du visage sur un côté.

La plupart des plagiocéphalies se résorbent quasiment complètement vers l’âge de deux ans mais si la déformation progresse et devient sévère, la forme du crâne perdurera à l’âge adulte sans la mise en place d’un traitement adapté.(1)

Autres conséquences des déformations crâniennes positionnelles

En tant que chiropracteur, il me semble évident qu’une déformation crânienne positionnelle liée à une asymétrie du tonus de l’enfant, peut entrainer des conséquences neuro-psychomotrices et pas seulement esthétiques.

Le sujet est encore peu étudié par la recherche médicale scientifique pour avoir des certitudes mais plusieurs hypothèses documentées peuvent être émises. On peut envisager des conséquences :

  • Neurologiques
  • Cognitives
  • Posturales
  • Auditives
  • Dentaires et Mâchoires

Conséquences Neurologiques

Il existe toujours un débat entre les déformations crâniennes et le développement moteur des enfants.

Mais des études ont mis en évidence un lien entre les déformations positionnelles (plagiocéphalie) et :

  • Une diminution dans l’acquisition des compétences spécifiques motrices en fonction de la sévérité de la déformation crânienne.(2)
  • Un moins bon score au test de mesure de la mémoire, l’autonomie, la communication, la motricité (BSID-ASQ-AIMS) (3)

On ne peut pas établir de lien de causalité mais on peut affirmer que la plagiocéphalie est un marqueur de risque élevé de retard développemental.(4)

Conséquences Cognitives

Les déformations crâniennes sont en lien avec une augmentation du risque de problème de développement par une hausse des prises en charges pour problème de langage (orthophonie) et problème postural lors de leur entrée à l’école.(5)

D’après une étude de 2012, les enfants avec une plagiocéphalie ont plus de risque de développer des troubles du language. D’autres études ne montre cependant aucun lien. (6) (7)

Conséquences posturales

  • Moins d’Equilibre et plus de tensions musculaires au niveau du dos et des jambes en grandissant (8)
  • Un lien probable avec la scoliose (9)

Conséquences Auditives

La réaction à certains stimuli auditifs semble d’après cette étude plus faible chez les enfants ayant une plagiocéphalie par rapport aux enfants non atteints. (10)

Conséquences Dentaires et Mâchoire

Les plagiocéphalies avec une asymétrie du visage, entrainent, d’après cette étude des troubles de l’occlusion et un déplacement vers l’avant de la mâchoire.(11) (12)
Ces troubles pourront potentiellement amené à un traitement orthodontique plus tard.

Le traitement précoce des plagiocéphalies est important

Au vu des potentielles conséquences à court et long terme, on comprend l’importance de mieux prendre en charge les déformations crâniennes. La HAS conseille la prise en charge précoce et la prévention.(13)

Il est donc nécessaire de s’interesser aux causes des plagiocephalies (Lire l’article “plagiocéphalies mecanisme et causes”) afin de mieux les traiter ou de les éviter.

Votre chiropracteure, Elodie Rousset saura évaluer et participer au traitement de la plagiocéphalie de votre enfant. Plus d’informations sur ce lien

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Sources

(1) Etude publiée sur l’US National Library of Medecine : LaBrie RA, Scott RM. Analysis of posterior plagiocephaly: deformational versus synostotic. Plastic and Reconstructive Surgery (1999) 
(2) Cabrera-Martos I, Valenza MC, Benítez-Feliponi A, Robles-Vizcaíno C, Ruiz-Extremera A, Valenza-Demet G. Clinical profile and evolution of infants with deformational plagiocephaly included in a conservative treatment program. The International Society for Pediatric Neurosurgery (2013) 
(3) Brent R. Collett, Elizabeth H. Aylward, Jessica Berg, Candice Davidoff, Justin Norden, Michael L. Cunningham, Matthew L. Speltz. Brain volume and shape in infants with deformational plagiocephaly. Child’s Nervous System (2012) 
(4) Martiniuk AL, Vujovich-Dunn C, Park M, Yu W, Lucas BR. Plagiocephaly and Developmental Delay: A Systematic Review. J Dev Behav Pediatr. 2017;
(5) Robert I. Miller, Sterling K. Clarren. Long-Term Developmental Outcomes in Patients With Deformational Plagiocephaly. Pediatrics (2000)
(6) Linz 2018
(7) Korpilahti P, Saarinen P, Hukki J. Deficient language acquisition in children with single suture craniosynostosis and deformational posterior plagiocephaly. Childs Nerv Syst. 2012
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22083136/
(8) Cabrera-Martos I, Valenza MC, Valenza-Demet G, Benítez-Feliponi Á, Robles-Vizcaíno C, Ruiz-Extremera Á. Repercussions of plagiocephaly on posture, muscle flexibility and balance in children aged 3-5 years old. J Paediatr Child Health. 2016
(9) Saccucci M, Tettamanti L, Mummolo S, Polimeni A, Festa F, Tecco S. Scoliosis and dental occlusion: a review of the literature. Scoliosis (2011)
(10) Balan P, Kushnerenko E, Sahlin P, Huotilainen M, Näätänen R, Hukki J. Auditory ERPs reveal brain dysfunction in infants with plagiocephaly. Journal of Craniofacial Surgery (2002)
(11) St John D, Mulliken JB, Kaban LB, Padwa BL. Anthropometric analysis of mandibular asymmetry in infants with deformational posterior plagiocephaly. The American Association of Oral and Maxillofacial Surgeons (2002)
(12) Kluba S, Roßkopf F, Kraut W, et al. Malocclusion in the primary dentition in children with and without deformational plagiocephaly. Clin Oral Investig. 2016
(13)https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2020-02/reco276_fiche_memo_deformatons_craniennes_min_cd_2020_02_05_v11_fev.pdf

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Soulever les objets lourds chiropraxie

Afin d’éviter l’apparition de problèmes de dos, la meilleure prévention possible consiste à être actif, limiter la durée des positions assises, marcher régulièrement…  cela n’empèche pas d’adopter en parallèle une bonne posture, quel que soit le type d’activité (position assise, debout, de repos, au travail, pendant les loisirs ou le sport).

Réaliser des mouvements corporels corrects vous permettra d’éviter que vos muscles, articulations, ligaments ou organes s’abîment.

Plus d’infos sur les techniques chiropratiques et la posturologie

 

 

Pour soulever les objets lourds, maintenez-les le plus près possible du corps

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Quand vous portez des sacs, répartissez le poids de façon équilibrée

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Les effets du stress Chiropraxie

Découvrez grâce à cette infographie les effets du stress,  notamment les différents types de stress, ses origines, ses signes et symptômes et bien sûr, les solutions offertes par la chiropraxie pour combattre le stress au quotidien !